En 2006, Mitsubishi dévoile la quatrième et dernière génération du Pajero, codée V80/V90. Après vingt-cinq ans d’une carrière marquée par le succès, les victoires au Dakar et une image de robustesse inégalée, le constructeur japonais tente une synthèse : plus de confort, toujours des performances en tout-terrain, mais un positionnement désormais haut de gamme.
Ce Pajero 4 incarne le chant du cygne d’un 4x4 authentique dans un monde où les SUV modernes imposent leur loi. Plus civilisé, mieux fini, mais aussi plus lourd, il met un terme définitif à l’ère des versions découvrables à capote Mitsubishi Pajero des années 80 et 90, symboles de liberté mécanique de ces années là.
Une quatrième génération dans la continuité du changement
Une évolution technique subtile mais stratégique
Lors de sa présentation au Salon de Paris 2006, le Pajero IV conserve la même structure monocoque intégrée introduite en 2000, mais Mitsubishi revoit en profondeur la suspension, le freinage et l’électronique embarquée.
La rigidité de caisse progresse encore de 10 %, grâce à l’emploi de haute résistance et aluminium sur certaines parties. La suspension à double triangulation avant et multibras arrière évolue pour offrir un meilleur compromis entre confort et franchissement.
Sous le capot, le moteur 3.2 DI-D est revu : plus propre (normes Euro 4), plus puissant (200 ch dès 2007), et plus silencieux grâce à de nouveaux supports moteur. En option, la boîte automatique à cinq rapports offre une douceur de conduite inédite pour un Pajero.
Mais au-delà de la technique, ce modèle confirme le changement de philosophie : le Pajero est désormais un 4x4 de loisirs haut de gamme, davantage destiné aux longs voyages qu’aux raids africains.
Un design plus statutaire
Visuellement, le Pajero IV reprend les lignes générales du modèle 2000, mais tout est redessiné :
calandre trapézoïdale, phares carrés intégrant les antibrouillards, ailes musclées et vitrage latéral plus fluide.
Le profil évoque toujours la robustesse, mais les finitions passent à un autre niveau : baguettes chromées, jantes polies, peinture métallisée à triple couche.
À l’arrière, la roue de secours reste fixée sur la porte battante, protégée par un cache-roue de secours mitsubishi pajero au design plus aérodynamique. Certaines versions supérieures, comme les finitions Instyle ou Exceed, bénéficient même d’un cache rigide peint ton carrosserie avec logo gravé.
La présence de cette roue extérieure reste un clin d’œil à l’époque héroïque du modèle, où la housse roue de secours mitsubishi pajero souple accompagnait les versions précédentes du Pajero.
Des versions et configurations rationalisées
Le Pajero IV est proposé en deux carrosseries :
- 3 portes (3,8 m) à empattement court,
- 5 portes (4,9 m) à empattement long.
Mais à la différence des générations précédentes, plus question de cabriolet. La capote Mitsubishi Pajero n'est plus au catalogue depuis 2000. Mitsubishi justifie ce choix par la complexité réglementaire (sécurité passive, crash tests) et la baisse de la demande mondiale. Ainsi, le Pajero 3 portes reste rigide, sans possibilité de toit souple ou amovible — une première dans l’histoire du modèle.

Le Pajero face à un marché en mutation
Une concurrence féroce et un contexte défavorable
Au milieu des années 2000, le marché du 4x4 change profondément. Les SUV compacts (Nissan X-Trail, Kia Sportage cabriolet, Toyota RAV4, Honda CR-V) séduisent par leur polyvalence et leur prix inférieur.
Dans le haut de gamme, les clients se tournent vers les BMW X5, Mercedes ML, ou Range Rover Sport, des véhicules plus luxueux mais moins orientés franchissement.
Le Pajero, fidèle à ses origines, devient un peu un inclassable : trop 4x4 pour les amateurs de SUV, trop raffiné pour les baroudeurs purs.
Pourtant, il garde ses fans. Les professionnels de la montagne, les associations humanitaires et les amateurs de grands voyages continuent de l’apprécier pour sa robustesse, sa fiabilité et sa capacité à avaler les pistes défoncées sans broncher.
Le Pajero et ses rivaux directs
En 2006, son principal rival reste le Toyota Land Cruiser 120, plus rustique mais mieux diffusé. Le Nissan Patrol GR Y61, lui, garde l’avantage en franchissement pur mais souffre d’une conception vieillissante.
Le Pajero, avec sa transmission Super Select 4WD-II, ses aides électroniques (ASTC, ABS multi-mode) et sa finition supérieure, occupe une place à part. Il n’est plus un simple franchisseur : c’est un véhicule d’expédition moderne.
Les comparaisons avec la version 1991–2000 à capote Mitsubishi Pajero sont inévitables. L’ancien cabriolet incarnait la liberté, la simplicité et la mécanique accessible. Le Pajero IV, lui, mise sur le confort, la sécurité et la technologie. Deux philosophies, un même nom.
Le mythe Dakar s’éteint
Entre 2006 et 2007, Mitsubishi domine encore le rallye-raid avec le Pajero Evolution, puis arrête brutalement la compétition en 2009.
C’est la fin d’une ère. Le lien entre le Pajero civil et le Pajero de course, si fort depuis les années 1980, se distend.
Les amateurs regrettent cette époque où la housse roue de secours mitsubishi arborait fièrement le logo du Dakar.
Vie à bord et évolution jusqu’à la fin de carrière
Confort et technologies embarquées
À bord, le Pajero IV impressionne par son niveau de confort. La qualité d’assemblage est exemplaire, la sellerie cuir pleine fleur (séries Exceed) rivalise avec les meilleures européennes, et le
système multimédia intègre GPS, lecteur DVD et caméra de recul dès 2008.
Le silence de fonctionnement est bluffant pour un 4x4 diesel, preuve du travail d’insonorisation.
La banquette arrière se replie entièrement dans le plancher, libérant un vaste espace de chargement — parfait pour installer, si besoin, un kit de voyage, un frigo ou même une tente de toit.
Les nostalgiques des années 1990 y voient cependant un véhicule trop aseptisé : plus de capote Mitsubishi Pajero, plus de poussière dans les cheveux, plus de vent dans l’habitacle.
Restylages et séries spéciales
En 2012, Mitsubishi offre au Pajero un restylage léger : nouvelle calandre chromée, boucliers redessinés et éclairage à LED.vEn 2015, un dernier lifting introduit la calandre « Dynamic Shield » inspirée du style des modèles modernes (Outlander, ASX). Entre 2016 et 2018, Mitsubishi propose des séries spéciales :
- Pajero Dakar Edition,
- Pajero Legend,
- et la très rare Pajero Final Edition (2018 au Japon, 2021 en Australie).
Ces versions arborent souvent des cache-roue de secours mitsubishi pajero spécifiques, chromés ou satinés, et des logos commémoratifs rendant hommage à l’histoire du modèle.
La fin d’une ère (2018–2021)
La production du Pajero IV s’arrête officiellement en 2018 pour l’Europe, après 37 ans de carrière continue.
Au Japon, Mitsubishi prolonge l’aventure jusqu’en avril 2021, avec une ultime Final Edition limitée à 800 exemplaires.
C’est le clap de fin pour un nom qui aura marqué plusieurs générations de conducteurs.
Le Pajero sort par la grande porte, avec la même transmission intégrale légendaire et la même philosophie : la liberté, même sans la version cabriolet et sa bache Mitsubishi Pajero.

Design, image et héritage
Une cote en hausse chez les passionnés
Aujourd’hui, le Pajero IV attire les amateurs de 4x4 « à l’ancienne » : motorisation simple, vraie transmission intégrale, et fiabilité mécanique exemplaire.
Mais c’est surtout la génération 1991–2000, avec version cabriolet et sa capote en tissu alpaga, qui suscite la nostalgie.
De nombreux passionnés restaurent ces modèles, remplacent la bâche par des pièces neuves et entretiennent la tradition sur les forums et rassemblements de véhicules d’époque.
Le Pajero moderne, plus rare, conserve une image de 4x4 fiable et statutaire, idéal pour les expéditions longues.
Pajero ou Montero : un succès planétaire
Sous le nom Mitsubishi Montero en Espagne et en Amérique latine, ou Mitsubishi Shogun au Royaume-Uni, le Pajero a connu une carrière mondiale exceptionnelle : plus de 3 millions d’exemplaires vendus en 40 ans.
Son succès repose sur un savant mélange de robustesse japonaise et de sens pratique universel.
Le dernier Pajero n’a plus la fougue du cabriolet d’antan, mais il reste fidèle à l’esprit d’aventure, symbole d’un monde automobile qui n’existe presque plus.
Un héritage durable
Même après sa disparition, le Pajero inspire encore. Le concept Mitsubishi GC-PHEV présenté en 2015 en reprenait les proportions, preuve que la marque n’a pas oublié son icône.
De nombreux clubs et restaurateurs perpétuent la mémoire du modèle, notamment au Japon, en Australie et en France.
Et si la bache Mitsubishi Pajero appartient désormais au passé, les accessoires comme la housse roue de secours pajero ou le couvre-roue de secours mitsubishi restent disponibles, témoignages tangibles d’un 4x4 conçu pour durer.
Entre 2006 et 2018, le Mitsubishi Pajero a clos dignement une saga commencée en 1981.
Sa quatrième génération n’a peut-être plus l’esprit sauvage du cabriolet des années 1990, mais elle incarne l’aboutissement technique d’un concept devenu rare : le vrai 4x4 à transmission intégrale permanente, sans artifices.
La capote pour Mitsubishi Pajero comme la housse de roue de secours accrochée à l'arrière sont aujourd’hui les témoins d’une époque révolue — celle où l’on pouvait partir cheveux au vent sur les pistes, simplement pour le plaisir de rouler. Le Pajero restera à jamais l’un des monuments de l’histoire du tout-terrain japonais.




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