Lorsque Mitsubishi lança le Pajero en 1981, l’univers du 4x4 de loisir était encore dominé par les icônes rustiques : Toyota Land Cruiser, Land Rover Series III, Jeep CJ-7. Le constructeur japonais allait pourtant réussir un tour de force : créer un tout-terrain à la fois solide, confortable et civilisé, préfigurant le SUV moderne. Ce premier Pajero allait connaître une décennie de succès planétaires et poser les fondations de la version suivante — celle de 1991 à 2000, qui introduira la célèbre version cabriolet à bâche Mitsubishi Pajero (ou capote Mitsubishi Pajero).
Mais avant de devenir ce 4x4 décapotable mythique, le Pajero fut d’abord un pur baroudeur, forgé sur les pistes et éprouvé dans les rallyes-raid les plus durs du monde.

Des débuts sur les pistes : la genèse du Pajero
L’idée d’un 4x4 « civilisé »
Tout commence à la fin des années 1970. Mitsubishi, alors surtout connu pour ses utilitaires et berlines, souhaite conquérir le marché international du tout-terrain, en pleine expansion. Toyota triomphe avec ses Land Cruiser, Suzuki cartonne avec les petits SJ410, et Jeep reste la référence d’image.
Le concept-car Mitsubishi Pajero est présenté au Salon de Tokyo 1973, mais le choc pétrolier retarde sa mise en production. Le projet renaît à la fin des années 1970, sous le code L040, avec un objectif clair : offrir un véhicule aussi à l’aise sur route qu’en tout-terrain.
1981 : la commercialisation du premier Pajero
La version de série est lancée en mai 1981 au Japon. Deux carrosseries sont proposées : un modèle court à 3 portes, souvent équipé d’un toit rigide amovible ou d’une bâche Mitsubishi Pajero, et un modèle long 5 portes introduit en 1983. Le châssis est séparé (ladder frame), les suspensions avant à barre de torsion, et la boîte de transfert à deux rapports.
Sous le capot, on trouve un 2,0 L essence (4G63) ou un 2,3 L diesel (4D55). La transmission intégrale part-time (2H/4H/4L) est robuste mais demande un usage avisé : pas de différentiel central à cette époque.
Contexte concurrentiel et réception
Le Pajero débarque sur un marché où l’offre japonaise explose. Face au Toyota Land Cruiser BJ60, plus gros et plus cher, et au Suzuki SJ410, plus léger et moins confortable, Mitsubishi trouve sa niche : un 4x4 intermédiaire, bien fini, confortable, et doté d’un réel agrément routier.
La presse automobile salue son équilibre entre robustesse et modernité. En Europe, il est distribué dès 1983, parfois sous les noms Montero (Espagne, Amérique latine) ou Shogun (Royaume-Uni).

Le Pajero dans les années 1980 : évolution, versions et exploits
L’arrivée des premières séries spéciales
En 1984, Mitsubishi introduit une version Turbo Diesel (2.3 TD), bientôt remplacée par le 2.5 TD 4D56 de 95 ch, beaucoup plus endurant. En 1987, le Pajero reçoit un léger restylage : nouvelle calandre, intérieurs modernisés, amélioration de la climatisation.
Les séries spéciales se multiplient : Exceed, Super Roof, Canvas Top (avec toit souple), Metal Top… Cette dernière, très populaire en Australie, existe aussi avec un toit souple arrière, ancêtre de la future capote Mitsubishi Pajero.
On y retrouve les premières expérimentations d’un toit amovible modulable, souvent monté artisanalement ou par des carrossiers locaux.
Le Dakar, tremplin mondial
C’est en 1983 que Mitsubishi engage pour la première fois un Pajero au Paris-Dakar. Les débuts sont prometteurs, mais la consécration vient en 1985, lorsque Patrick Zaniroli et Jean Da Silva remportent la course au volant d’un Pajero préparé.
Cet exploit confère au modèle une image de solidité et de performance inégalée. Mitsubishi va dès lors capitaliser sur ce succès : jusqu’en 2007, le constructeur remportera 12 Dakar avec différentes générations de Pajero, record absolu dans la catégorie.
Le Pajero à la conquête du monde
Durant cette décennie, Mitsubishi installe des usines d’assemblage au Pakistan, aux Philippines, en Indonésie et au Venezuela, ce qui lui permet d’imposer le Pajero sur les cinq continents.
En Europe, il séduit par son confort de conduite supérieur au Land Rover Defender, tout en conservant un vrai potentiel de franchissement. Le Pajero s’impose comme un symbole de fiabilité japonaise et de polyvalence, préfigurant déjà les SUV des années 1990.
Capote, accessoires et usage : les premiers Pajero décapotables
Les versions à bâche Mitsubishi Pajero
Dès le lancement du modèle court, Mitsubishi propose un Canvas Top avec une bâche Mitsubishi Pajero simple : toile PVC épaisse, fixée par boutons pression et arceaux démontables. Contrairement au futur cabriolet 1991, la capote du premier Pajero n’est pas prévue pour un usage quotidien ; elle s’adresse surtout aux marchés tropicaux et militaires.
Le démontage est rudimentaire : pas de cadre articulé, il faut déposer manuellement la toile. Mais la philosophie est la même : un 4x4 à toit ouvert, prêt pour l’aventure.
Le confort et les accessoires d’époque
Les Pajero « Canvas Top » des années 1980 pouvaient recevoir en option un cache-roue de secours mitsubishi pajero, parfois rigide, parfois souple, portant le logo rouge « Pajero 4WD ». Ce cache protégeait la roue montée sur la porte arrière, souvent exposée aux intempéries.
Une housse roue de secours mitsubishi était également livrée d’origine sur les versions haut de gamme, gage d’un soin esthétique inhabituel pour un 4x4 à l’époque. Ces accessoires, aujourd’hui recherchés, soulignent le soin apporté par Mitsubishi à l’image de son tout-terrain.
Entretien et usage quotidien
La capote de cette génération, basique, nécessitait un entretien méticuleux : graissage des boutons-pression, nettoyage de la toile, séchage complet après la pluie. La lunette arrière transparente se rayait facilement.
Mitsubishi publiait même dans ses notices une page entière sur la préservation de la capote Mitsubishi Pajero : ne jamais la plier humide, éviter les solvants, et la ranger à plat dans un sac en toile.

Comparaisons : le Pajero face à ses rivaux et à sa descendance
Face à ses contemporains (1980–1990)
Comparé à un Jeep CJ-7 ou Wrangler YJ, le Pajero apparaît plus moderne : suspension avant indépendante, meilleure insonorisation, tableau de bord automobile. Il est aussi plus confortable qu’un Suzuki SJ410 ou un Daihatsu Rocky, mais moins rustique qu’un Toyota Land Cruiser 70.
Le Pajero crée donc une catégorie à part : le 4x4 civilisé. Sa version à bâche reste rare en Europe, mais populaire au Japon et en Australie.
Comparé à la génération suivante (1991–2000)
Le saut technologique est spectaculaire : châssis plus rigide, confort accru, direction assistée, climatisation efficace, et surtout une capote Mitsubishi Pajero plus sophistiquée.
Alors que la première génération nécessitait de démonter manuellement les arceaux, la seconde proposera une capote articulée sur charnières, facilement repliable, avec vitre souple zippée.
La philosophie reste la même — un 4x4 pur et dur — mais la seconde génération cabriolet sera réellement utilisable au quotidien, un pont entre le loisir et l’automobile.
Ce que la première génération a légué
Sans le succès du premier Pajero, celui de 1991 n’aurait jamais vu le jour. L’expérience acquise sur le Canvas Top 1983 a permis d’élaborer une capote plus durable et ergonomique.
Le design carré, les flancs verticaux, la roue arrière apparente — tous ces éléments seront repris sur le Pajero II. Même le cache-roue de secours mitsubishi pajero conserve une forme identique pendant plus de vingt ans.
Faits marquants et héritage du Pajero
Les chiffres clés
Entre 1981 et 1991, Mitsubishi produira plus de 1,3 million d’exemplaires de Pajero première génération. Exporté dans plus de 150 pays, il devient un symbole de fiabilité, au même titre que le Land Cruiser.
Son succès prépare le terrain pour le Pajero II (1991–2000), qui sera plus puissant, plus confortable, et disponible en véritable cabriolet à capote.
Une icône du rallye-raid
Le Pajero original s’impose au Paris-Dakar dès 1985, et remporte plusieurs éditions à la fin des années 1980 avec Ari Vatanen ou Hubert Auriol. Ces exploits forgent la réputation de la marque, et inspirent les séries spéciales Pajero Dakar ou Rally Art, dont les housses et caches de roue arrière deviennent des objets de collection.
Une cote en hausse et un retour d’intérêt
Aujourd’hui, le Pajero première génération attire les collectionneurs de 4x4 authentiques. Les versions Canvas Top restaurées sont rares et très recherchées.
Les passionnés refont souvent les toits souples avec des capotes Mitsubishi Pajero refabriquées, et remplacent les housses de roue de secours mitsubishi pajero abîmées par le temps. Les sites spécialisés (dont 4x4-cabriolet.com) jouent un rôle essentiel dans la sauvegarde de ces véhicules en fournissant des pièces exactes.
Le Pajero première génération (1981–1991) n’était pas seulement un utilitaire habillé : il fut l’un des premiers 4x4 à concilier confort et franchissement, et à proposer — timidement, mais réellement — une version découvrable à bâche Mitsubishi Pajero.
Il a pavé la voie au mythique cabriolet de 1991, plus abouti, et restera à jamais le symbole de la décennie 1980 : celle où le 4x4 devint un objet de plaisir.

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