À la fin des années 1990, le marché automobile mondial assiste à une mutation profonde : le 4x4 traditionnel, rustique et utilitaire, commence à céder du terrain face à une nouvelle catégorie de véhicules plus compacts, plus civilisés, annonçant l’ère du SUV moderne. C’est dans ce contexte que Mitsubishi et Suzuki proposent deux réponses radicalement opposées à une même question : comment séduire les acheteurs attirés par l’univers du tout-terrain, sans les contraintes d’un grand 4x4 classique ?
D’un côté, le Mitsubishi Pajero Pinin (1999–2006), conçu avec Pininfarina, monocoque, orienté confort et polyvalence routière. De l’autre, le Suzuki Jimny à partir de 1998, héritier direct des petits 4x4 japonais à châssis échelle, proposé en versions tôlées mais aussi cabriolet à capote souple.
Deux philosophies, deux usages, deux clientèles — et une divergence fondamentale qui explique pourquoi l’un est devenu un modèle culte chez les amateurs de 4x4 découvrables, tandis que l’autre est resté un véhicule de niche.
Origines et projets : deux intentions distinctes
Le Pajero Pinin : décliner le nom Pajero pour l’Europe
À la fin des années 1990, Mitsubishi capitalise sur le succès mondial du Pajero “classique”, auréolé de victoires en rallye-raid et solidement installé dans le paysage des grands 4x4 familiaux. Mais ce succès ne répond pas à une demande croissante en Europe : celle de véhicules plus compacts, adaptés à la ville, à la fiscalité locale et aux nouveaux usages périurbains.
Le Pajero Pinin, lancé en Europe en 1999, est pensé comme une déclinaison “civilisée” du mythe Pajero. Sa conception est confiée à Pininfarina, qui assure à la fois le design et l’assemblage en Italie. Contrairement aux attentes des puristes, il ne repose pas sur un châssis échelle mais sur une structure monocoque, proche de celle d’un SUV moderne.
Cette architecture conditionne tout le reste : confort supérieur, meilleure tenue de route, mais impossibilité structurelle de proposer une version cabriolet avec capote Mitsubishi Pajero.
Le Suzuki Jimny : la continuité d’une lignée tout-terrain
Le Suzuki Jimny, lancé en 1998 code JB23/JB33/JB43 selon marchés, s’inscrit dans une tradition totalement différente. Depuis le LJ10 de 1970, le Jimny est conçu comme un véritable petit 4x4, avec châssis séparé, ponts rigides et transmission enclenchable.
Suzuki ne cherche pas à “SUV-iser” le Jimny : au contraire, la marque assume un positionnement rustique, ludique et modulaire. Résultat : le Jimny est proposé en version tôlée, mais aussi en version cabriolet, équipée d’une capote souple démontable, parfaitement adaptée aux usages loisirs, plage, montagne ou tout-terrain léger.
C’est cette continuité technique qui permet aujourd’hui encore l’existence d’un marché actif pour la capote Suzuki Jimny, la bâche et les accessoires associés — un univers dans lequel le Pajero Pinin n’a jamais pu entrer.
Deux clientèles visées dès l’origine
Dès leur lancement, les deux modèles ne s’adressent pas aux mêmes acheteurs.
Le Pajero Pinin cible un public urbain ou périurbain, souvent primo-accédant au monde du 4x4, sensible au style, au confort et à l’image rassurante du nom Pajero.
Le Jimny vise au contraire une clientèle de passionnés, de loisirs, de conducteurs recherchant un véhicule simple, transformable, parfois secondaire, et assumant les compromis du châssis échelle.
Architecture, technique et conséquences sur les versions cabriolet
Monocoque contre châssis échelle : une différence fondamentale
La structure monocoque du Pajero Pinin, bien que moderne pour l’époque, interdit toute découpe du pavillon sans renforts lourds et coûteux. Mitsubishi n’a jamais envisagé sérieusement une version découvrable, contrairement à Suzuki ou même à Toyota sur certains marchés.
À l’inverse, le châssis échelle du Jimny permet une modularité bien plus grande. Le toit peut être partiellement ou totalement remplacé par une capote, sans compromettre la rigidité globale du véhicule. C’est cette base technique qui autorise l’usage d’une capote souple, durable et facilement remplaçable.
Capote, bâche et usage réel
Sur le Jimny cabriolet, la capote n’est pas un gadget marketing : elle fait partie intégrante de l’expérience du véhicule. Elle permet un usage saisonnier, un accès facilité à l’arrière et une vraie sensation de liberté, recherchée par de nombreux utilisateurs.
Le Pajero Pinin, malgré son nom prestigieux, n’a jamais proposé de capote Mitsubishi Pajero. Cette absence est souvent mal comprise par les acheteurs novices, d’où l’importance de la rappeler clairement — en particulier sur un site spécialisé dans les 4x4 cabriolets.
Impact sur le marché des pièces et accessoires
Cette différence structurelle a un impact direct sur l’écosystème des pièces.
Le Jimny bénéficie d’un marché actif de capote de remplacement pour cabriolet, de bâches sur mesure, de joints, d’armatures et d’accessoires spécifiques.
Le Pajero Pinin, lui, se limite à des éléments classiques : vitres, hayon, roue de secours arrière, pour laquelle l’usage d’une housse roue de secours mitsubishi pajero reste pertinent pour la protection et l’esthétique.
Performances, usage quotidien et tout-terrain
Sur route : avantage au Pajero Pinin
Grâce à sa conception monocoque et à ses suspensions plus orientées confort, le Pajero Pinin offre une meilleure tenue de route, moins de vibrations et une insonorisation supérieure. Il se rapproche davantage d’un SUV compact moderne que d’un 4x4 traditionnel.
Le Jimny, plus étroit, plus haut perché et doté de ponts rigides, impose des compromis évidents sur route : roulis marqué, direction moins précise, confort limité. Mais ces défauts sont acceptés — voire recherchés — par sa clientèle.
En tout-terrain : deux mondes opposés
Hors bitume, le rapport s’inverse.
Le Jimny excelle en franchissement, grâce à son faible poids, ses angles favorables et sa transmission courte. Même en version cabriolet avec capote, il conserve des capacités remarquables.
Le Pajero Pinin, malgré certaines versions à transmission intégrale enclenchable, reste limité par son débattement de suspension et son poids. Il est conçu pour des chemins, pas pour le franchissement pur.
Usage loisir et image “plaisir”
C’est ici que la différence devient culturelle.
Le Jimny est perçu comme un véhicule plaisir, ludique, transformable, souvent utilisé comme second véhicule.
Le Pajero Pinin est rationnel, discret, polyvalent, mais rarement passionnel.

Design, image et héritage
Le style Pininfarina face à l’authenticité Jimny
Le Pajero Pinin arbore une ligne élégante, bien proportionnée, typiquement italienne. Son design vieillit plutôt bien, mais reste sage. Le Jimny, lui, affiche un style presque intemporel, directement lié à sa fonction.
Roue de secours arrière : point commun symbolique
Voilà bien un point sur lequel les deux 4x4 peuvent s'accorder. Les deux modèles partagent un élément iconique : la roue de secours extérieure. Sur le Jimny comme sur le Pajero Pinin, l’usage d’une housse de roue de secours mitsubishi pajero ou d’une housse roue de secours suzuki (adaptée en taille) permet de protéger le pneu et de renforcer l’identité visuelle.
Héritage et cote actuelle
Aujourd’hui, le Jimny cabriolet est recherché, collectionné, parfois surcoté. Le Pajero Pinin reste abordable, apprécié pour sa fiabilité mais sans véritable statut culte.
Le Mitsubishi Pajero Pinin est un produit cohérent, bien conçu, mais mal positionné. Il n’est ni un vrai tout-terrain, ni un vrai cabriolet, ni un SUV précurseur totalement assumé.
Le Suzuki Jimny, au contraire, assume pleinement ses choix techniques, quitte à faire des concessions.
Pour un site comme 4x4-cabriolet.com, la conclusion est limpide :
- le Jimny appartient à l’univers du cabriolet, de la capote qui s'enlève pour profiter du grand air, du plaisir découvert.
- le Pajero Pinin appartient à l’histoire des SUV compacts, mais reste en marge de la culture du 4x4.






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